Le 25 novembre approche et on vous demande d’écrire un mot à une Catherinette. Le réflexe, c’est de chercher une formule toute faite sur internet. On tombe alors sur des phrases qui parlent de « coiffer Sainte Catherine », de célibat à conjurer, de chapeau vert et jaune.
La plupart de ces expressions sonnent daté, voire maladroit, surtout quand la personne concernée n’a rien demandé. Avant de rédiger quoi que ce soit, tout se joue sur le ton.
Formule affectueuse, humoristique ou non genrée : choisir le bon ton pour la Sainte Catherine
On peut classer les messages de fête de Sainte Catherine en trois registres. Le choix dépend de la relation avec la destinataire et de ce qu’elle pense elle-même de cette tradition.
Le registre affectueux fonctionne bien entre proches. On célèbre la personne sans insister sur son statut. Exemple : « Bonne fête Catherine ! Cette journée est la tienne, profites-en. » Pas besoin de mentionner le célibat ni l’âge.
Le registre humoristique suppose que la Catherinette joue le jeu. Entre collègues d’atelier de couture ou dans un groupe d’amies qui revendiquent la tradition, on peut se permettre un clin d’œil : « Ton chapeau t’attend, mais on sait que c’est toi la reine du jour. » L’humour tient à la complicité, pas à la moquerie.

Le registre non genré est le plus adapté quand on ne connaît pas la sensibilité de la personne. Éviter toute référence au célibat comme un défaut à corriger permet de rester bienveillant. « Joyeuse Sainte Catherine, que cette journée t’apporte autant de créativité que de bonne humeur » dit quelque chose de positif sans sous-entendu.
Expressions à éviter le 25 novembre
Certaines formules reviennent partout dans les modèles en ligne. Elles posent un vrai problème de réception :
- « Tu vas bientôt coiffer Sainte Catherine » – sous-entend que le célibat est un problème à résoudre, ce qui n’est plus perçu comme flatteur
- « L’espoir fait vivre, tu trouveras quelqu’un » – condescendant, même avec un smiley
- « Encore célibataire à ton âge ? » suivi d’un « je plaisante » – la blague ne rattrape pas le malaise
On peut fêter une Catherinette sans réduire la journée à une injonction matrimoniale. La tradition a évolué, les mots doivent suivre.
Sainte Catherine et tradition des Catherinettes : ce qui reste vivant
La fête de la Sainte Catherine le 25 novembre remonte à plusieurs siècles. Elle désignait à l’origine les jeunes femmes célibataires qui, à partir de vingt-cinq ans, « coiffaient » la statue de Sainte Catherine d’Alexandrie, patronne des filles à marier. Les chapeaux de Catherinettes, traditionnellement en vert et jaune, étaient confectionnés par les ouvrières des ateliers de couture parisiens.
Cette tradition persiste surtout dans les milieux liés à la mode et à la couture. En dehors de ces cercles, la pratique est devenue localisée. Des articles récents la situent encore comme une fête du Nord ou de certains secteurs régionaux, pas comme un usage national homogène.
Dans les faits, beaucoup de femmes prénommées Catherine reçoivent un message ce jour-là, sans lien avec le rituel des Catherinettes. La fête fonctionne alors comme n’importe quelle fête du calendrier. C’est souvent la situation la plus simple à gérer : on souhaite « bonne fête » sans en faire un commentaire social.
Que dire à une Catherinette : exemples de messages par situation
Plutôt que de copier une phrase générique, on gagne à adapter le message au contexte réel. Voici des formulations testées dans différentes situations.
Entre amies proches
« Bonne fête ma Cath ! Le 25 novembre c’est TA journée, on fête ça ce soir. » Direct, chaleureux, sans détour par la tradition.
« Joyeuse Sainte Catherine ! Que ton année soit aussi pétillante que toi. » Classique mais efficace. Miser sur un compliment personnel plutôt que sur le folklore reste la valeur sûre.
Entre collègues
« Bonne fête Catherine ! On t’a gardé la plus belle part du gâteau. » Le cadre professionnel invite à rester léger. Pas de référence au statut amoureux, jamais.

Pour une carte de Sainte Catherine
Sur une carte papier ou numérique, on dispose de plus de place. On peut jouer sur la créativité :
- « Ce 25 novembre, pas de chapeau obligatoire, juste l’envie de te dire que tu comptes pour nous »
- « Sainte Catherine rime avec bonne mine. Ça tombe bien, tu as les deux »
- « Bonne fête ! Qu’elle t’apporte rires, sorties et tout ce que tu aimes »
Ces formulations célèbrent la personne. Elles ne la définissent pas par ce qu’elle n’a pas.
Fête de Sainte Catherine au travail : le cas des ateliers et entreprises
Dans certaines entreprises, surtout celles liées à la mode, la fête de la Sainte Catherine reste un événement collectif. Les Catherinettes portent un chapeau confectionné pour l’occasion, parfois avec une vraie ambition créative. Le chapeau de Catherinette est devenu un exercice de style plus qu’un marqueur de célibat.
Les retours varient sur ce point : certaines jeunes femmes adorent le rituel, d’autres le trouvent déplacé. Si on organise une fête de Sainte Catherine au bureau, mieux vaut la présenter comme une célébration de la créativité et de la convivialité plutôt que comme un décompte des célibataires de l’équipe.
Quand on prend la parole devant le groupe pour célébrer les Catherinettes, une formule comme « On fête aujourd’hui toutes nos Catherine, et celles qui portent un chapeau nous montrent qu’elles ont du talent » pose un cadre positif. La fête gagne à rester inclusive et festive, pas à pointer du doigt.
Le 25 novembre reste une belle occasion d’envoyer un mot à une amie, une collègue ou une proche prénommée Catherine. Le chapeau est optionnel, le sourire non. Ce qui compte, c’est que la personne en face se sente célébrée pour ce qu’elle est, pas cataloguée par une tradition qu’elle n’a peut-être pas choisie.

